Chroniques d’un petit industriel qui rêve de réenchanter la France – Épisode 84 :
Du pont du Change à la Saône.
Certaines histoires industrielles racontent bien plus que l’âme d’une entreprise.
Elles racontent une ville, un territoire, une famille.
Et cette extraordinaire capacité à se réinventer sans jamais oublier d’où l’on vient.
À Lyon, l’histoire de Lépine commence… sur le pont du Change en 1714.
À l’époque, les Lépine sont rémouleurs.
Ils aiguisent les couteaux, ils affûtent les outils.
Le pont disparaîtra, mais l’histoire, elle, continuera.
Les Terreaux.
Puis Bron, près des hôpitaux.
Et finalement, retour au bord de la Saône, à Genay en amont de Lyon.
Trois siècles de mouvement.
Du couteau à l’instrument chirurgical,
de l’instrument à la prothèse,
de la mécanique du geste à la réparation du corps.
En 1988, Patrick Pfaifer donne une nouvelle impulsion à l’entreprise et l’oriente vers les prothèses. Lépine crée même la première banque de tissus privée en France.
Aujourd’hui, Valentin PFAIFER et Rodolphe Pfaifer tiennent bon la barre et propulsent Lépine dans une nouvelle dimension :
600 collaborateurs
6 usines, dont 5 en France
70 pays
11 filiales commerciales.
Et toujours cette même question : comment permettre à chacun de prolonger le mouvement tout au long de la vie ?
Face à une arthrose qui pourrait toucher un milliard de personnes en 2050, Lépine veut agir sur toute la chaîne : prévenir, préserver le capital biologique, puis restaurer lorsque c’est nécessaire.
Mais ce qui me touche particulièrement, c’est la suite.
Après la Convention des Entreprises pour le Climat, Lépine s’est fixé un cap : diviser par deux ses émissions de carbone d’ici 2030.
Et l’entreprise construit aujourd’hui, au bord de la Saône, un nouveau bâtiment de 5 000 m².
1 000 m² pour la R&D.
800 m² pour former les chirurgiens.
Un amphithéâtre de 100 places pour transmettre.
Du photovoltaïque,
450 arbres,
4 500 m² revégétalisés.
Et surtout, une conviction : l’innovation de demain se construit ici.
À Lyon,
En France,
Avec une maîtrise de la chaîne de valeur et une transmission familiale qui traversent les générations.
J’aime cette histoire parce qu’elle dit quelque chose de profondément lyonnais.
Savoir d’où l’on vient,
Savoir où l’on va,
Et continuer à avancer.
Le rémouleur du pont du Change n’aurait sans doute jamais imaginé que son geste conduirait un jour à redonner du mouvement à des millions de vies.
C’est peut-être cela, au fond, une belle aventure industrielle :
transformer un savoir-faire en avenir.
Vive Lépine !
Vive La French Fab !
Vive Lyon !
Chroniques d’un petit industriel qui rêve de réenchanter la France – Épisode 84
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